Le murmure du souvenir nous prédit un avenir dont il ne connait rien…

L’avenir n’existe pas tant qu’il n’est pas présent… Le souvenir non plus…

Tout ce qui existe est ici sans lendemain…

Au Silence je me livre comme une âme qui a peiné à l’écouter.

Il m’a dit quelque chose, j’avais bien entendu, c’était clair et précis mais je l’ai balayé, j’ai préféré plonger dans les détours du temps.

Dans les recoins, j’ai récolté des graines… Il était libre l’arbitre, et ces graines récoltées donneront des chansons, des poèmes, des liaisons que je cueillerai quand le temps sera passé…

Le Silence m’a soufflé la fin dès le premier instant, et dans cette fin j’ai rencontré l’éternité qui reçoit dans ses mains la cascade sans âge.

Nous sommes têtus nous les humains, à ne pas vouloir regarder les petits signes en face, même lorsqu’ils sont gros comme des châteaux de pierres… Suis ma voix, et tu n’auras plus jamais soif m’a t-il dit… Si tu me fuis, je te suivrai, mais si tu me laisses entrer, nous ne serons plus jamais séparés… Fragile comme une brindille aussi légère qu’une plume, nous vacillerons mais ne nous éteindrons jamais…

J’ai remonté le temps et j’ai compris que je savais déjà… Tu étais là, tout le temps… Mon ange… Au commencent comme à la fin.Et maintenant, Tu m’enlaces sans une once de rancune, en me disant:

« Ecoute le présent, il connait l’avenir bien mieux que le souvenir… L’aube s’est levée sur ton regard d’enfant, et la pointe de tes pieds chevauchera le sol en toute légèreté, car nous sommes deux amants qu’on ne peut séparer. Vos doigts ornés de vos ongles vernis tamisent la nuit. Ils pénètrent votre intimité faisant perler la rosée sur vos cuisses évasées… Vous jouissez et je m’enivre de vos larmes de joie… Elles sont un poème dans lequel je repose… Mes lèvres s’ouvrent comme pour tendre les bras vers la pluie que le jour nous envoie. On ne veut pas se protéger de ses gouttes enjôleuses, on veut les recevoir comme une bénédiction… Ni parapluie, ni imperméable ne nous est utile dans cette valse des astres… Mes ailes sont les vôtres, et vos averses sont miennes… Je m’y abrite pour sentir votre ciel me chavirer d’un fleuve où chantent nos harmonies. Nous volons car nous marchons. Nous marchons car nous aimons. Nous aimons car nous vivons… Ensemble.»

-Qui es-tu?

-Toi…

-Qui suis-je alors?

-Moi…

L.M

 

ange

(auteur de la photo inconnu, si quelqu'un connait son nom, merci de m'en faire part :) )