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Je rêvais à n’en plus finir.

La nuit était la stèle sur laquelle je déposais mes songes. 
Sur nos Je, Nous, j’écrivais des mots qui ne ressemblaient à aucuns poèmes, 
à aucunes chansons, à aucuns remèdes que j’avais déjà entendu.
Chaque fois que dans ma vie, j’avais voulu copier de près ou de loin quelque chose qui existait déjà… La mort était venue me mettre à Je-Nous ! 
De la pointe de sa faux, elle me disait: « Ce n’est pas de notre pays cette grossièreté? »
Puis elle faisait apparaitre un double de moi-même, les cheveux hirsutes, les yeux cernés d’un vague à l’âme suicidaire… Alors j’attrapais la faucheuse de ma souveraine et je coupais la tête de cette illusion morbide.
J’effaçais tout, et je faisais le vide, un vide qui me laissait en joie… J’étais comme cette fille dont j’ai porté l’habit maintes et maintes fois, des fois empreintes de Foi… Une fille de joie dans ce qu’elle recèle d’essentiel à la Vie… Homme, femme? Peut m’importe, j’embrasserai celui ou celle qui saura percevoir l’au-delà de ce qui se laisse entrevoir de-ci, de-là… La Vérité, qu’elle soit bonne ou mauvaise à ce pouvoir d’invoquer sur l’instant le don de plénitude… On ne s’y trompe pas… Elle sait nous attraper et ne plus nous quitter… 

L.M